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Les Sefahtars - Le Scriptorium

Les Sefahtars

Un article de Le Scriptorium.

Les tribus sefahtares sont des regroupements de familles ayant un ancêtre commun, dont les exploits légendaires remontent à la nuit des temps, lorsque les habitants de la savane étaient encore sous le joug des Tar-I-Jiburah. La tribu est dirigée par le patriarche ou la plus vieille des femmes qui est alors surnommée Oligamda, la grand-mère éléphant. Ce chef appartient à la branche de la famille la plus « pure » c'est-à-dire à celle qui est la plus proche de l’ancêtre légendaire. L’animal sacré des chefs est le lion.

La société est assez égalitaire. Aux femmes revient l’entretien du village, l’éducation et la cuisine et aux hommes les travaux à l’extérieur comme la chasse, l’agriculture ou la cueillette. Ce sont les hommes des tribus qui se rencontrent pour régler un litige, sous l’arbitrage du chamane. En temps de guerre, les hommes et les femmes prennent les armes sans distinction pour combattre la menace. C’est ainsi qu’ils battirent les Maadi qui furent effrayés de voir des femmes combattre comme des lionnes féroces.

Les Sefahtars s’organisent en villages, tous indépendants les uns des autres et rivalisant pour le contrôle des ressources. Si deux hameaux entrent en conflit, les chamanes décident d’un duel qui départagera les concernés. Il s’agit souvent de la chasse d'un animal rare comme le lion ou l’éléphant ou du vol des plumes d’un otapo mâle. Les cases des villageois sont édifiées en briques de boue et leurs toits en roseaux ou en herbe tressée. Le style architectural et la finesse de la décoration varient beaucoup d’une région à l’autre. Près des plateaux, chaque maison est un véritable village à elle seule et les murs sont décorés de pignons, de gravures ou de peintures à l’ocre alors que les demeures du sud sont plus rudimentaires mais mieux adaptées aux catastrophes qui ravagent souvent ces terres…

Le chamane joue un très grand rôle dans la société sefahtare. Lui seul peut entrer en communication avec les ancêtres ou les esprits du monde, des génies peuplant chaque chose, des montagnes aux rivières en passant par l’herbe de la brousse. Il est avec le griot, le conteur, le détenteur de la connaissance, de la sagesse et des secrets des anciens. Chaque chamane qui meurt sans livrer son savoir est une perte immense pour le village et l’ensemble des tribus. Les animaux sacrés des chamanes sont les éléphants réputés fort sages et les hiboux de brousse. Le griot est le conteur du village. Il connaît toutes les légendes de la terre et interprète les rêves avec l’aide du chamane. C'est lui qui enseigne aux jeunes au pied de l’arbre à palabres, souvent un grand baobab qui pousse à proximité du village. L’animal sacré du griot est le grillon qui ne cesse de parler aux astres la nuit… Les fossoyeurs et les uwungus, les apothicaires, sont mis à l’écart des villages car ils côtoient de trop près les esprits de la mort et peuvent attirer la malédiction sur leurs voisins. Leur animal sacré est la hyène.


La société des otoghs qui vivent dans les montagnes, est peu connue et mystérieuse. Ceux-ci s’organisent en clans, dominés par le mâle le plus fort, à la manière des animaux. Leurs campements sont un assemblage hétéroclite de cabane et d’abris en peaux à peine tannées. Ils n’utilisent que peu d’outils et ceux qu’ils ont sont en pierre, en bois ou en os… Ils trouvent leur maigre nourriture dans les vallées, se sustentant de petits animaux, rongeurs ou oiseaux, de racines et de baies ainsi que des poissons et des mollusques des lacs d’altitude. Lorsque la famine guette, ils se rassemblent en une horde dévastatrice qui fond sur les terres en contrebas, les pille et les ravage. Les tribus sefahtares locales sont alors obligées d’appeler leurs frères à la rescousse et à combattre les envahisseurs. Les otoghs n’ont jamais fait des dégâts très importants faute d’organisation mais on dit qu’un de leur sorcier a prophétisé l’avènement du peuple otogh qui régnera bientôt sur toutes les terres au-delà des falaises…

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