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Les peuples internés - Le Scriptorium

Les peuples internés

Un article de Le Scriptorium.

La fin de la guerre civile exacerba les haines raciales. Les humains considéraient désormais les Orques et les Gnolls, qui vivaient depuis toujours dans les forêts et les grottes, non plus comme des barbares mais comme des animaux parasites. La Fédération, forte de son hégémonie sur l'ensemble de l'ancien duché, entama plusieurs campagnes militaires. Les Orques et les Gnolls furent pourchassés. Les mâles furent tués, sans aucune pitié. Les femelles, les enfants et les vieillards furent regroupés dans des camps. Chacune de ces réserves, comme les appellent les dirigeants de la Fédération, est une étendue de forêt, encerclée de barbelés. Elles sont fortement gardées et un administrateur militaire est placé à leur tête. Les prisonniers travaillent dans des champs ou des camps de bûcheronnage, qui fournissent les deniers nécessaires à l'achat de nourriture. En cas d'absence d'argent, des rations minimales sont distribuées, mais elles sont à peine suffisantes. Les pénuries, les maladies et la malnutrition sont la règle dans les réserves. De nombreux enfants meurent avant d'avoir atteint l'âge adulte. La plupart des anciens ont également été balayés par les épidémies. Les mâles ne représentent qu'un petit pourcentage de la population des camps. En effet, les trois-quart des jeunes mâles atteignant l'âge adulte sont exécutés afin qu'ils ne deviennent pas des guerriers pouvant menacer la Fédération. Les Orques et les Gnolls ont l'interdiction formelle d'adorer leurs divinités, bien qu'ils continuent à le faire de manière secrète. Le brutal culte de Fenkror a pris de l'ampleur, car la haine est tout ce qui reste aux peuples internés.

Les réserves, aussi horribles qu'elles soient, sont un compromis que la faction pragmatique à l'Assemblée a trouvé avec les radicaux. Ces derniers prônent l'extermination pure et simple des Orques et des Gnolls. Ils ont réussi à nommer comme gardes ou administrateurs des camps des hommes ayant tout perdu lors de la guerre civile, souvent de la main des pillards. Qu'importe si ces derniers étaient le plus souvent des déserteurs humains ou des montagnards, les Orques et les Gnolls servent de boucs émissaires. Ainsi, la Fédération a éloigné de ses villes ceux que la guerre a brisé et elle a anéanti la menace représentée par les "maraudeurs". Si les radicaux venaient à avoir la majorité à l'Assemblée, nul doute qu'ils mettraient leur politique d'extermination à l'oeuvre. Les gardes des réserves l'appliqueraient avec enthousiasme...

Certains administrateurs de réserve ont entamé un odieux commerce. Ils forcent les prisonniers à se reproduire et vendent les enfants comme esclaves. Les acheteurs locaux sont les cirques et les gladiateurs ambulants, qui ont une forte demande de souffre-douleurs ou de chair fraîche. La majorité de ces jeunes esclaves sont cependant envoyés vers l'Empire de Shengyan, où l'esclavage est légal, à la différence d'Armandia où il a été proscrit.


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